" Sur disons une dizaine d'ami.es proches, je mettrais ma main au feu que la moitié présente des symptômes dépressifs et/ou de troubles anxieux. " Dans une lettre publiée sur Impact Campus, Emmy Lapointe dénonce la culpabilité des jeunes, qui se sentent illégitimes d'aller mal.

Pauline, étudiante à l'UQAM est tombée sur ce texte, partagé sur Facebook. " Ça m'a fait un bien fou de voir que j'étais loin d'être la seule. Ça m'a permis de mettre des mots sur ce que je vis. J'avais l'impression de n'avoir aucune vraie raison d'aller mal ", explique la jeune fille.

Pauline se sait privilégiée, ses parents l'aident financièrement, elle vit en colocation avec trois amies, et n'est pas à risque face à la COVID-19. " J'ai tout pour aller bien, ou du moins je n'ai pas à me plaindre, mais je pleure tous les jours, j'ai des idées noires et parfois je me cache sous ma couette et je m'endors en espérant ne jamais me réveiller ".

Pour la jeune fille, la priorité est de rassurer ses proches " je ne veux pas que mes parents ou mes colocs s'inquiètent, ça va passer ", explique-t-elle les larmes aux yeux.

Des cas non prioritaires

Je n'ai pas à me plaindre, mais je pleure tous les jours

Malgré l'aide de 25 millions de dollars annoncé par le gouvernement afin d'améliorer les services d'aide en santé mentale pour les jeunes, Pauline se sent abandonnée : " Je ne sais même pas à qui m'adresser, on est tous dans le même cas. Si moi j'ai besoin d'aide, la moitié de ma classe en a surement aussi besoin ".

Une situation que dénonce également Emmy Lapointe dans sa lettre : " J'ai appelé deux fois aux services de psychologie de l'Université Laval, mais on m'a dit que ma moyenne était trop haute, que ce n'était pas urgent."

Avant, Pauline adorait participer en classe. "Maintenant j'assiste à mes cours en ligne du fond de mon lit, caméra et micro coupés. J'essaye de masquer ma voix qui tremble quand ma professeure m'interroge et je rends des travaux passables. Tant que je ne coule pas un cours, je pourrai estimer que ma session est réussite ".

L'étudiante redoute ces prochains mois : " en janvier ça recommence et je ne veux même pas y penser. "