L'artiste d'origine algonquine et française Caroline Monnet dévoilait mardi en avant-première sa nouvelle exposition Ninga Mìnèh, qui sera exposée du 21 avril au 1er août au Musée des beaux-arts de Montréal.

Le titre de son exposition signifie "la promesse" en langue anishinaabe, raconte Mme Monnet. L'artiste multidisciplinaire évoque à travers ses œuvres les conditions de vie des communautés autochtones au Canada. Sa plus récente exposition porte sur un thème particulier: la promesse faite aux autochtones canadiens qu'ils seront un jour traités comme des citoyens à part entière.

Durant le vernissage, elle présentait plusieurs de ses créations, toutes plus colorées les unes que les autres. L'artiste exprime une colère quant aux conditions de vie des peuples autochtones. "Pour contribuer au dialogue, je le fais à travers mes œuvres", explique-t-elle. Elle utilise des matériaux ordinaires des réserves, soit de la laine minérale, du gypse et des membranes d'étanchéité pour faire ses œuvres.

Elle travaille depuis déjà deux ans sur 18 œuvres, dont des broderies, des sculptures, des photographies et des sérigraphies. Plusieurs d'entre elles sont ornées de motifs artisanaux qu'elle trouve sur les habits traditionnels. "Je recherche la symétrie que je crée sur ordinateur. Je m'inspire de la culture du passé pour la transporter dans le futur ", ajoute Caroline Monnet.

Un art naturel

Si elle utilise plusieurs matériaux avant-gardistes, elle se sert aussi d'organismes naturels comme du sable et de la moisissure sur l'une de ses œuvres afin de créer un motif sur le gypse. Elle a dû travailler avec un laboratoire pour que le champignon puisse coloniser le gypse, tout en y gardant un certain contrôle.

La répartition des œuvres dans le musée dépend des couleurs, des matériaux, mais aussi du sens. Une histoire a été créée au travers de la disposition des œuvres. "Ce qui ressort de plus avec un musée, c'est de travailler avec des techniciens professionnels. Il a fallu un vrai travail de coordination derrière cette exposition-là pour livrer les œuvres à temps ", ajoute-t-elle.

Toutefois, la pandémie a nui à sa création puisque la hausse du prix des matériaux s'est fait sentir, l'accès aux fournisseurs était plus difficile et les délais d'attente étaient longs. Heureusement, elle a pu mener son projet à terme, et les gens sont les bienvenus pour aller admirer son travail.