Alors qu'une deuxième vague de coronavirus s'amorce sur le Québec, la Fédération de la santé et des services sociaux tient à préserver les travailleurs de la santé en adoptant certaines mesures, qui se rapprochent des besoins de ces derniers.

Jeff Begley, le président de la FSSS CSN et Josée Marcotte, la vice-présidente responsable du secteur public, ont tenu mardi une conférence de presse abordant les mesures à appliquer pour renforcer la sécurité des travailleurs et des travailleuses afin de faire face à la pandémie.

Monsieur Begley débute en étant très critique de la façon dont le gouvernement gère la pandémie, en affirmant qu'il est très important d'apprendre de la première vague. Il estime qu'afin de gérer les éclosions de coronavirus dans les centres d'hébergement à longue durée, qu'il est primordial d'avoir une stabilité au niveau du personnel et que les employés doivent avoir accès à de l'équipement de protection adéquat, comme les masques N-95.

Josée Marcotte déclare que c'est une preuve que les mesures mises en place par le ministère de la Santé ne sont pas suffisantes puisque les chiffres montrent qu'une personne sur quatre travaillant dans le système de santé a été infectée. " Le ministère disait, à tous les jours à ses conférences de presse, que tout va bien, que tout allait bien se passer : ce n'est pas ce qu'on a constaté ".

ENCADRÉ:

Parmi les mesures avancées par la FSSS CSN, on retrouve :

- Une meilleure communication avec les syndicats locaux, afin de savoir qui est infecté, en isolement, en quarantaine, pour suivre l'état de la situation

- S'assurer de fournir de l'équipement de protection en quantité suffisante

- Offrir des conditions de travail humaines aux travailleurs de la santé

- Rendre l'accès aux stationnements gratuits

- Réviser le système des primes puisque les chiffres rapportent qu'une personne sur quatre dans le secteur de la Santé a été atteinte de la COVID-19,

Katy Bois est infirmière clinicienne en obstétrique à l'hôpital de Rimouski pendant la pandémie. Elle explique que la charge travail en temps de pandémie est beaucoup plus importante et que les conditions de travail n'en sont pas améliorées : elle doit souvent faire des 12h de travail et il arrive même qu'après un quart de travail de 8h, qu'elle soit obligée de rester un autre quatre heures, pour lequel elle est payée au taux régulier. De plus, si son établissement n'a pas manqué d'équipements au cours de la première vague, il est important de savoir que les employés sont restreints à l'utilisation d'un seul masque par jour, ce qui correspond à un temps d'utilisation bien supérieur à ce qui est recommandé. Enfin, elle estime qu'une hausse de quatre dollars sur sa paie, en guise de prime, n'est pas représentative du travail qu'elle fait.

Nancy Quimper est infirmière auxiliaire au CISSS du Bas-Saint-Laurent, (Rimouski). Elle, qui travaille en CHSLD, déplore le fait qu'il existe très peu de stabilité parmi le personnel : en arrêt de travail, ce n'est jamais la même personne qui la remplace. De plus, si la charge de travail est considérablement augmentée, les travailleurs de la santé doivent débourser environ 20$ aux deux semaines pour avoir accès au stationnement.

En fin de compte, si les propositions de la FSSS CSN constituent un point de départ intéressant pour rejoindre les besoins des travailleurs en santé, il faut encore qu'elles soient appliquées.