L'auteur innu Michel Jean, une des seules figures autochtones dans les grands médias québécois, a toujours été sensible envers les enjeux de son peuple, qui lui a été étranger pendant de longues années. Maintenant auteur de plusieurs romans portant sur l'histoire autochtone du Québec, voici en quelques points les manières dont ce journaliste d'expérience met en lumière la culture autochtone, en y mêlant faits et fiction.

Une première télésérie autochtone au Québec ?

Son roman Kukum, publié en 2019, qui lui a valu le Prix littéraire France-Québec en novembre 2020, sera adapté au petit écran prochainement. " Pour les autochtones, l'avantage, c'est que ce sera la première fois qu'on aura une série du point de vue des autochtones, et non pas du point de vue des blancs. "Michel Jean se dit confiant, mentionnant l'ancrage des enjeux autochtones dans l'actualité, l'intérêt des québécois envers leur culture ainsi que le coup de cœur du public à l'égard du livre. " Ce sera un peu comme les filles de Caleb du 21ème siècle. "

La réalité autochtone à travers la littérature

« Quelle est la part d'indien qui a survécu en moi ? » C'est ce que Michel Jean s'est demandé le jour des funérailles de sa grand-mère. « L'indien, tu l'as en toi », s'est-il fait dire par un membre de sa famille lors de la cérémonie. Sa tendance à rester calme durant les moments de tension et de conflits qu'il a couverts en tant que journaliste, n'était peut-être pas un trait de caractère, mais plutôt un trait culturel, l'innu en lui. C'est de là qu'a commencé sa quête vers ses origines autochtones, qui elle a donné naissance à Elle et nous, roman publié en 2012 dans lequel il explore le passé inconnu de sa grand-mère. « On ne connait même pas son nom innu », disait l'auteur lors d'une vidéoconférence organisée par la ville de Saguenay ce mardi. Sa curiosité innée envers ses origines l'a donc poussé à écrire plusieurs autres romans, notamment Le vent en parle encore, dans lequel il aborde les pensionnats autochtones au Québec, afin de mettre en lumière l'histoire de ses ancêtres des premières nations, tout en amenant le sujet d'une manière agréable.

Représenter les autochtones dans les médias

" Il n'y en a pas de journalistes [autochtones] dans les médias ", a confié M. Jean à l'Atelier. Il y a selon lui plus d'ouverture aujourd'hui dans les journaux, mais il dénonce la tendance médiatique de victimiser l'homme blanc dans les conflits autochtones et " l'absence d'autochtones sur la place publique ". Michel Jean dit prioriser leur côté de la médaille dans ses reportages, car selon lui, ça peut faire une différence.