Lors de sa conférence de presse mardi, M. Legault a répété qu'il ne ferait «aucun compromis» quant à la sécurité liée au retour à l'école. Sans préciser de date, le premier ministre a indiqué qu'«il n'est pas question de rouvrir les écoles à court terme».

Pourquoi alors a-t-il laissé la porte ouverte à renvoyer les enfants à l'école, foyer idéal de transmission du virus, pas plus tard que le 4 mai prochain ? Serait-ce dans le but que les enfants soient infectés par le virus ? C'est possible.

L'objectif serait que les enfants soient immunisés contre la COVID-19 après l'avoir contractée. La Presse avançait mardi qu'en ouvrant les écoles en mai, il est possible que le virus circule suffisamment avant la fin des classes, évitant ainsi une deuxième vague en septembre prochain.

Les jeunes ont peu à craindre pour leur propre santé — on compte très peu de décès dans le monde chez les 0 à 10 ans. Ces derniers peuvent toutefois transmettre le virus à leurs enseignants, à leurs parents ou à leurs tuteurs.

La province atteindrait le plateau de la crise vers le 18 avril, selon les projections du gouvernement Legault dévoilées la semaine dernière. N'oublions toutefois pas que le nombre de cas positifs, lui, devrait augmenter jusqu'à la fin du mois et peut-être au-delà, même dans le meilleur des scénarios.

Alors qu'on nous répète qu'il faut absolument aplatir la courbe, on enverrait nos enfants à l'école en croyant que cela est sans risque ? Il faudra certes rouvrir les écoles, tôt ou tard. Cependant, l'heure n'est pas à courir un trop grand achalandage de nos hôpitaux dû à la COVID-19, ce qui pourrait nous coûter une pénurie de matériel médical.

Rien n'est gagné. Rappelons que, dans un scénario pessimiste, les hospitalisations pourraient grimper à 3000 et les décès, à 9000. La société devra se montrer prudente dans les prochaines semaines.

«Le gouvernement a-t-il plus peur d'un déficit que du virus? D'où un retour plus étendu qu'on pensait? Et les écoles? Un retour plus nécessaire pour l'économie (parents au travail) que pour l'immunité collective?», écrivait mardi sur Twitter, l'ancien ministre libéral de la Santé et des Services sociaux Gaétan Barrette.

«Est-ce que ce sera des classes complètes? Est-ce que ça sera dans toutes les régions? Qu'est-ce qu'on fera avec les enseignants qui ont plus de 60 ans? C'est le genre de questions où, là, il y aura des consignes. Mais je veux être bien clair, là, on n'est pas rendus là», a dit M. Legault mardi.

L'inquiétude de la population a peut-être sonné les cloches du premier ministre.

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