Le gouvernement du Québec a refusé de débattre en Chambre la motion qu'a déposée le Parti québécois (PQ) voulant que les points de presse du gouvernement et ceux de la Santé publique se tiennent de façon distincte.

"Séparer la science de la politique", voilà l'objectif du PQ. "Horacio Arruda n'a pas de liberté et devrait pouvoir s'exprimer librement ", a mentionné Paul St-Pierre Plamondon, le chef du PQ. Selon lui, il est important que la transmission de l'information lors des points de presse soit faite de manière indépendante.

Le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, devrait être "libéré" afin de pouvoir s'exprimer sans les "regards de côté" de François Legault, a ajouté Pascal Bérubé, le leader parlementaire du PQ. C'est la raison pour laquelle le parti a déposé sa motion "Libérez Horacio" à l'Assemblée nationale.

La CAQ critiquée

Les partis de l'opposition ne se sont pas gênés pour critiquer le gouvernement Legault. Le PQ accuse le premier ministre du Québec de mettre en place une stratégie pour "oublier" d'expliquer certaines informations relatives aux mesures sanitaires conseillées par la Santé publique lors des points de presse quotidiens. "Sur les enjeux d'éthique et les enjeux de transparence aujourd'hui, je pense qu'on a à gagner. Que ce soit pour l'adhésion aux mesures de santé publique, que ça soit pour l'adhésion au gouvernement qui nous demande des efforts considérables, la moindre des choses, c'est qu'il donne l'exemple, notamment sur le plan éthique", a mentionné M. Bérubé.

Il a également souligné l'importance que M. Legault informe clairement les Québécois sur les mesures sanitaires pour ne pas laisser place à l'interprétation. Les partis d'opposition sont convaincus que les points de presse doivent être repensés et divisés en deux catégories bien distinctes.

Manque de transparence et d'honnêteté

La cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ), Dominique Anglade, a exhorté le gouvernement Legault à "revoir" ses points de presse. "Si on n'a pas toutes les informations, à quoi ça sert et à quoi bon ?", a-t-elle lancé. Selon elle, le gouvernement a la responsabilité de communiquer une information qui soit claire pour éviter d'alimenter des situations qui dérapent, comme celle de la manifestation contre le couvre-feu, dimanche à Montréal.

Paul St-Pierre Plamondon est du même avis. "Nous, le Parti québécois, on pense qu'une façon d'avancer, c'est d'amener le gouvernement à promettre une commission d'enquête publique et indépendante en temps voulu", a-t-il expliqué en début de point de presse. "Je pense qu'il y aura un moment pour un examen complet et, de toute évidence, il y a un manque de rigueur qui me rend inquiet", a-t-il ajouté.