Selon un rapport de l'Agence de la santé publique du Canada, les Autochtones sont surreprésentés dans les cas de VIH et de sida au Canada. À l'occasion de la semaine de sensibilisation au sida chez les Autochtones, Gilbert Émond, professeur à l'Université Concordia et responsable d'une recherche menée sur la prévalence du VIH chez les Autochtones, nous éclaire sur la situation.

Pourquoi une semaine de sensibilisation au sida chez les Autochtones?

Gilbert Émond : Dans notre façon d'aborder le sida et le VIH, on a souvent oublié les personnes autochtones. Souvent, ce sont ceux qui sont passés sous le radar et, dans ce sens-là, c'est nécessaire d'avoir des moments où on se souvient de ces situations-là.

Les services de santé actuels sont-ils adaptés à la situation des Autochtones?

G.E : Non. L'événement qui s'est passé à Joliette est un bel exemple des problèmes qu'on a d'adaptation des services pour que ces gens-là puissent comprendre et se reconnaître dans les services.

Avez-vous quelques pistes de solution?

G.E. : Ce qui a été demandé par les Autochtones dans le cadre de notre recherche, c'est d'avoir des services en corridor pour qu'ils puissent avoir accès aux services de santé. Ils sont souvent marginalisés et [il y a beaucoup de préjugés qui persistent]. Ce qu'on assume souvent dans le système de santé, c'est que tout le monde est le bienvenu à l'hôpital, mais non. Ce sont des systèmes qui sont très impressionnants pour certaines personnes. Il y a une réticence à consulter pour tout ce qui n'est pas fondamental, même si ce n'est pas nécessairement qu'ils n'auront pas les services de santé. Ceux qui ont le VIH semblent bien prendre leur médication et semblent bien obéir aux règles, mais on a l'impression qu'ils n'ont peut-être pas pu être à l'aise de poser leurs questions, par exemple.