"Pot", "buzz" ou encore "fleur magique" sont quelques-uns des surnoms du cannabis, qui est chaque année célébré le 20 avril, fête communément appelée le 4/20. Pour l'occasion, on en consomme l'après-midi, plus précisément à 16 h 20. Les motivations peuvent varier pour chacun.

Dès que l'heure est arrivée, les foules rassemblées au parc Jeanne-Mance ont troqué leurs masques contre leurs joints, pour fêter le 4/20.

Du haut de ses 31 mètres, le monument de Sir George-Étienne Cartier n'était plus le seul à être "high" mardi après-midi.

Alexandrine Rioux, une jeune femme qui participait aux festivités, faisait partie des personnes assises aux pieds de la statue. Pour elle, cet évènement est encore nécessaire pour normaliser l'usage récréatif et médical de la plante.

"Je sais qu'[il y a] souvent des tabous négatifs, mais comme je travaille dans l'industrie du cannabis médical, je vois les côtés positifs et comment cela aide les gens qui sont [notamment] paraplégiques, qui ont des crises d'épilepsie ou qui sont en phase terminale de cancer" a-t-elle affirmé en soulignant l'importance de cette occasion.

À l'extérieur, malgré la COVID-19

Avec la pandémie et les mesures sanitaires instaurées, un évènement en ligne avait été créé pour célébrer la fête du cannabis. Anatole Dumas et ses amis ont préféré se rassembler au monument, puisque l'ambiance était meilleure, mais aussi pour des raisons logistiques.

"Ce n'est pas tout le monde qui peut se permettre de fumer des [joints] à l'intérieur" explique-t-il.

La pandémie de COVID-19 s'est avérée féconde pour la Société québécoise du cannabis (SQDC), qui a enregistré des ventes de plus de 110 millions de dollars entre mars et juin 2020. Pour la même période, en 2019, on enregistrait environ 45 millions de dollars de ventes.

Légalisé en 2018 par Justin Trudeau, le cannabis avait difficilement été accepté par une partie de la population. Une des critiques notables était que d'en permettre l'usage dès 18 ans était trop tôt. Le gouvernement Legault avait ensuite décidé de hausser l'âge légal de possession et d'usage du cannabis à 21 ans. Le Québec est toujours la province ayant l'âge minimal le plus élevé au Canada.

Le 4/20, qui avait lieu à titre de protestation contre l'illégalité de la consommation du cannabis, continue depuis 2018 à être célébré par ses adeptes. Gracia Gaginga, une des participantes du rassemblement au parc Jeanne-Mance, était contente de pouvoir y assister.

"C'est la première fois que j'ai été capable de le faire. Les autres années, je travaillais ou j'étais occupée", a-t-elle raconté.

Pour elle, la fête a une importance particulière."Le 4/20 est un moment pour remercier le fait que [la plante existe] et que ça puisse me calmer", a-t-elle avoué.