« On appelle la police, car on n'a rien fait avant, mais on devrait faire quelque chose avant » - Mulone Massimiliano

Les policiers du Canada ont répondu à 13,5 millions d'appels de service en 2018-2019 selon un rapport de Statistique Canada paru mardi matin. Ce nombre représente une augmentation de 6 % du volume d'appels par rapport à l'année précédente.

Qu'il s'agisse de la police municipale, provinciale ou de la GRC, tous les échelons de corps policiers ont observé une hausse du nombre d'appels de service, comparativement à l'année 2017-2018, selon ce rapport.

Les services de police municipaux du pays sont ceux qui auront traité le plus d'appels (67 %). La GRC est intervenue dans 22 % des cas, la police provinciale dans
11 % et la police des Premières Nations a répondu à 1 % de ce volume d'appels. Ce qui représente une moyenne de 1540 appels de service à l'heure pour l'ensemble des services de police.

Savoir qui appeler

On a démontré qu'entre 50 et
80 % des appels étaient de "nature non criminelle" et impliquaient, entre autres, des incidents tels que des alarmes, des désordres publics ou encore des accidents de la route. Les appels qui visaient à venir en aide à des personnes malades ou blessées, pour des cas de surdoses ou de santé mentale par exemple, entrent également dans cette catégorie.

Selon Massimiliano Mulone, professeur agrégé à l'École de criminologie de l'Université de Montréal, il devrait dépendre d'une décision sociale et politique que de mettre en place des ressources permettant de réduire la quantité d'appels au 911 pour ce genre d'interventions. M. Mulone croit qu'"on appelle la police, car on n'a rien fait avant", mais que le travail devrait être mené en amont. "C'est un débat qu'il y a à peu près partout actuellement, la police va répondre dans beaucoup de [cas de] santé mentale ou de vulnérabilité et [elle] n'a évidemment pas été créée pour répondre [à ce genre d'appels]", fait-il remarquer. Reconnaissant que ce service a toujours été partie prenante du travail des policiers et des policières, M. Massimiliano fait valoir que les "ressources n'existent pas en quantité suffisante". Difficile, donc, d'y diriger les gens, d'autant plus que "le peu de ressources en place est généralement déjà débordé", affirme-t-il.

Formation adéquate

Le chef de police du Service de police de l'agglomération de Longueuil, Fady Dagher, croit fondamentalement à l'évolution du métier: "Il faut que je me concentre à former mon personnel, à être mieux outillé face à ce genre de situations." M. Dagher a d'ailleurs commencé à donner suite à ces intentions. Il a par exemple offert aux citoyens la présence de deux patrouilles hybrides, chacune composée d'un policier et d'un travailleur social. M. Dagher a instauré le service dans son organisation cette année.