L’adaptation à la maternité est difficile dans les circonstances normales, et encore plus en pleine pandémie mondiale. L’Atelier s’est entretenu avec la Dre Pascale Brodeur, psychologue, afin de lever le voile sur la dépression postpartum en contexte de confinement.

Près d’une femme sur cinq va développer une dépression postpartum, que ce soit pendant la grossesse ou après l’accouchement, rappelle la Dre Brodeur. Toutefois, ce ne sont pas toutes les femmes atteintes qui auront des épisodes dépressifs. Leur trouble peut aussi se manifester par une montée d’anxiété, des troubles obsessionnels compulsifs et même dans certains cas un état psychotique.

À noter que près de la moitié des diagnostics de dépression postpartum se manifestent durant la grossesse : le trouble se nomme alors dépression péripartum.

Selon la Dre Brodeur, les femmes en confinement sont plus à risque de développer des symptômes, qui sont les mêmes qu’une dépression classique. Outre le déséquilibre hormonal engendré par la grossesse et l’accouchement, le manque de sommeil, l’isolement et une mauvaise estime de soi comptent parmi les facteurs de risque les plus importants.

Elle note que les variables sociales sont aussi liées à la dépression postpartum. « Souvent quand on vient d’accoucher, on ne travaille plus et on a moins de mobilité, on a moins d’activités de loisirs, moins de vie sociale, un peu comme pendant le confinement. On sait que ces éléments-là peuvent aussi être liés à des états dépressifs. »

La psychologue avance que ce ne sont pas toutes les femmes qui savent qu’elles souffrent d’une dépression postpartum et qui reçoivent de l’aide pour ce trouble. « C’est important que si les proches s’inquiètent, il vaut toujours mieux appeler une ressource pour rien que de ne pas appeler et de regretter. »

La meilleure façon d’aider une femme qui souffre actuellement est « d’aller la voir, prendre de ses nouvelles quotidiennement tout en restant à une bonne distance d’elle. Des gestes comme ça laissent une bonne impression à la mère, et peuvent vraiment avoir un impact positif », conseille la Dre Brodeur.

Il est important de retenir notre envie de dire « ça va bien aller » et de rassurer de façon simpliste en évitant de donner des conseils. « Souvent, c’est ce que les proches font le plus pour aider, mais jamais, dans toute ma carrière, une patiente m’a dit qu’elle aimait entendre des choses comme ça », souligne-t-elle.