Plus du tiers des douaniers et gardiens de prison craignent des représailles s'ils déposent des plaintes de harcèlement, de violence ou de discrimination en milieu de travail, selon un rapport du vérificateur général du Canada sur le respect en milieu de travail.

Le rapport déposé mardi s'adresse à l'Agence des services frontaliers du Canada et Service correctionnel Canada. L'Atelier a décortiqué le document.

Que constate le vérificateur général?

« Les mesures mises en œuvre par l'Agence des services frontaliers du Canada et Service correctionnel Canada pour lutter contre le harcèlement, la discrimination et la violence en milieu de travail [ne sont] pas suffisantes pour promouvoir l'établissement et le maintien de milieux de travail respectueux », explique le rapport.

Pour le vérificateur général, les mesures en place ne sont pas assez efficaces. « Les deux organisations connaissaient l'existence de ces problèmes, mais aucune n'avait défini de stratégie exhaustive pour les régler », indique le document.

La majorité des employés sont préoccupés par le manque de courtoisie et de respect dans leur milieu de travail et plus du tiers craignent de déposer une plainte par peur de représailles.

Quelles sont les mesures déjà en place pour favoriser le respect en milieu de travail?

L'Agence des services frontaliers du Canada a déjà mis trois mesures en place: une politique de tolérance zéro en matière de harcèlement et de discrimination, l'organisation d'activités de sensibilisation et la création du Centre d'expertise national qui travaille à la prévention et à la résolution du harcèlement.

Service correctionnel Canada a rédigé en 2019 « le Rapport annuel sur le climat et le bien-être au travail [qui] inclut des indicateurs de rendement qui feront l'objet d'une surveillance par Service correctionnel Canada d'une année à l'autre, afin de veiller à l'amélioration continue des résultats ».

Quelles mesures doivent être implantées?

Le document suggère d'établir une stratégie exhaustive pour contrer le harcèlement en milieu professionnel. « Chaque stratégie devrait être fondée sur les risques et appuyée par des plans d'action décrivant des responsabilités claires et un processus de surveillance du rendement bien défini ».

Certains cas de harcèlement peuvent être réglés par des procédures informelles, soit des rencontres entre le plaignant et l'accusé. Ce type de rencontres accélère le processus sans passer par les procédures administratives.

Le vérificateur général invite les deux organisations à proposer à tous les plaignants cette alternative. Dans plus de 21 % des cas, les procédures informelles n'ont pas été proposées par l'Agence des services frontaliers du Canada.

Les recommandations ont été acceptées par les deux organisations.

Le vérificateur général du Canada a déposé son rapport mardi.
Le vérificateur général du Canada a déposé son rapport mardi. (Crédit photo : Bureau du vérificateur général du Canada )