Suite aux manifestations à Québec et à Montréal de la Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec, la FIQ, le premier ministre François Legault a annoncé hier être conscient des difficultés que vivent les infirmières et qu'il était prêt à investir financièrement dans le but de diminuer leur charge de travail, mais qu'il n'était pas en mesure d'augmenter leurs salaires.

François Legault débute en réitérant l'importance de faire des efforts pour contrer la pandémie. Il conçoit que les mesures sanitaires peuvent avoir un effet négatif sur la santé mentale des québécois, mais que le réseau de santé et ses travailleurs " à bout de souffle " nécessitent l'application des mesures. Il dit être au courant de la promesse électorale de son parti, faite lors des élections, soit plus de temps supplémentaires obligatoires pour les travailleurs de la santé. Or, il déclare que la situation actuelle appelle à briser cette promesse, étant donné que l'affichage de postes en soins infirmiers ne suffit pas à mettre un terme à la pénurie de main d'œuvre.

Le fait que les études en soins infirmiers soient plus longues que celles pour devenir préposé aux bénéficiaires, force le gouvernement à entreprendre d'autres pistes de solution : " On ne peut pas, même avec toute la bonne volonté du monde, régler le problème du manque d'infirmières ", déclare François Legault.

Ouvert à toutes les solutions

Si François Legault ne peut pas augmenter le nombre d'infirmières en poste, il se dit prêt à explorer toutes les solutions possibles afin de fournir des efforts financiers qui permettraient de diminuer leur charge de travail. Il explique toutefois que si des fonds sont utilisés pour obtenir ce résultat, il sera impossible d'augmenter les salaires au-dessus de ce qu'en permet l'inflation. Le déficit budgétaire engendré par la crise nécessite donc que le gouvernement prenne en compte ce que les québécois sont capables de payer.

Réaction de la FIQ

« On ne peut pas, même avec toute la bonne volonté du monde, régler le problème du manque d'infirmières »

Suite au point de presse, Nancy Bédard, présidente de la FIQ, souligne la déclaration du premier ministre quant à la surcharge de travail, en stipulant qu'il s'agit de la première fois qu'il en reconnait publiquement le fardeau. Elle poursuit en disant : " S'il veut vraiment agir sur la surcharge de travail, il faudra que cela se traduise réellement à la table de négociation. Pour le moment, les travaux piétinent et nos vis-à-vis refusent de discuter de vraies solutions qui pourraient agir positivement sur cette charge trop lourde."

Réaction sur le terrain

Suite à cette annonce, les réactions des infirmières sur le terrain ne sont pas unanimes.

Nancy Quimper, une infirmière auxiliaire de Rimouski, estime que si le gouvernement a su trouver le moyen d'augmenter les préposés aux bénéficiaires, qu'il y a forcement moyen qu'il fasse de même pour les infirmières : "Je pense qu'ils ont tout donné aux préposés et qu'ils n'ont rien gardé pour les autres ".

Une autre infirmière, qui désire conserver son anonymat puisqu'elle est nouvelle dans le milieu de la santé, ajoute : " Si la charge de travail est diminuée, c'est sûr que notre salaire aurait de l'allure. Si on a des conditions de travail meilleures, avec un bon salaire et moins de clients, c'est sûr qu'on va mériter le salaire que nous avons. "

Le mois dernier, la FIQ avait rejeté à l'unanimité la proposition du gouvernement, après que celui-ci ait omis d'y aborder la surcharge de travail.