La pandémie actuelle de COVID-19 n'a pas découragé les consommateurs québécois à participer aux événements majeurs des ventes du Vendredi fou et du Cyberlundi.

Les achats en ligne, pas aussi verts que l'on pense

Si on peut croire que les achats en ligne ont une empreinte écologique moins importante sur l'environnement, ce n'est pas toujours le cas. Selon Roy Toffoli, ancien professeur titulaire de l'École des sciences de la gestion (ESG) de l'Université du Québec à Montréal, la pandémie de COVID-19 incite les gens à acheter rapidement et à opter pour des livraisons accélérées, souvent par peur de ne pas recevoir leurs produits à temps. "Normalement, les achats en ligne sont moins polluants. Mais ça, c'est si la livraison n'est pas une livraison express, par exemple qui se fait dans les deux jours suivants comme on le voit sur Amazon Prime", explique-t-il.

Des défis pour les gestionnaires

En ce qui concerne les gestionnaires de magasins, plusieurs ont des sentiments partagés quant au Vendredi fou et au Cyberlundi. C'est le cas d'Alfredo Soares, directeur de district chez Best Buy. Les nombreuses commandes en ligne représentent un défi de taille pour les magasins, qui doivent aussi assurer le service des clients présents sur place.

Néanmoins, les magasins Best Buy ont décidé d'étaler l'événement du Vendredi fou sur plusieurs jours afin de faciliter le processus. "On a débuté les promotions plus tôt qu'à l'habitude. [...] Cela a donné une chance aux clients de bénéficier des rabais sur une plus longue période [et] d'aplatir la courbe d'achalandage dans le magasin pour mieux gérer les files", explique M. Soares.

Répercussions sociales d'une chasse aux aubaines

Pour Benoit Duguay, professeur titulaire à l'ESG de l'UQAM, Vendredi fou et Cyberlundi sont synonymes de surconsommation. "Ce que je trouve déplorable, c'est qu'il s'agisse encore d'une sollicitation pour que les gens achètent plus, malgré qu'il y ait déjà de la surconsommation", explique-t-il.

En effet, beaucoup de Québécois consomment davantage qu'ils peuvent se le permettre. "Les gens sont surendettés. [...] En 2005, le taux d'endettement des ménages était à 1,25 ; ça veut dire que pour chaque dollar qu'un ménage gagnait, il en devait 1,25. [...] Maintenant, ça tourne autour de 1,70. C'est très préoccupant", affirme M. Duguay. Des événements comme le Vendredi fou et le Cyberlundi contribuent ainsi à une culture matérialiste qui pousse les consommateurs à se créer des besoins et à dépenser pour des objets qui, souvent, finissent aux ordures.