Lors de la session de l'Assemblée nationale du 10 novembre dernier, la cheffe du parti de l'opposition officielle Dominique Anglade a reproché à la Caisse de dépôt et placement menée par le gouvernement Legault de nuire aux entreprises québécoises, évoquant la « dispute » entre la caisse et Garda World au sujet de l'achat d'une compagnie de sécurité basée au Royaume-Uni.

Le PDG de la compagnie québécoise spécialisée en sécurité, Stéphane Crétier, a révélé aux médias la semaine dernière qu'il avait déposé une offre de 3 milliards de livres (5 milliards CAN) pour acheter G4S, une compagnie de sécurité internationale basée à Londres.

Or, la Caisse de dépôt et placement du Québec, actuellement sous la guidance du gouvernement Legault, a injecté 2,5 milliards de dollars l'an dernier dans la compagnie.

L'achat de G4S par Garda représenterait une perte pour la caisse.

Trouver le coupable

Pour adresser cette situation, Mme Anglade s'est inquiétée auprès des représentants de la CAQ au début de la période de questions et réponse de l'Assemblée nationale de cette semaine:

La caisse joue-t-elle son rôle de moteur économique?

« M.Legault, considèrez-vous que la caisse de dépôt joue son rôle de moteur économique, alors qu'elle est concurrence directe avec ses fleurons? »

Le premier ministre du Québec s'est défendu en rappelant que c'est sous la gouvernance du gouvernement Libéral de Philippe Couillard que la caisse a multiplié ses investissements à l'étranger, et perdu des sommes importantes suite à des investissements dans des entreprises d'ici comme Le Cirque du Soleil et Bio-K.

L'ancien ministre de la Finance de l'ancien gouvernement libéral et représentant à l'Assemblée nationale, Carlos Leitão, a défendu son parti en expliquant qu'il est normal pour la caisse de dépôt de varier ses investissements pour s'adapter au marché:

« Notre gouvernement a dû investir sur deux fronts pour s'adapter au marché qui change rapidement. »

Finalement, M. Legault a rappelé que la caisse actuelle favorise davantage les entreprises d'ici. Comme de fait, les véhicules des différents projets de transport comme le REM seront construits au Québec plutôt qu'en Inde.