Chaque jour, au moment du couvre-feu, s'engage une confrontation entre policiers et habitants, réticents à s'entasser dans leurs habitations. Personne à Nigeria, bidonville de Guayaquil et épicentre de la pandémie en Équateur, n'applique les recommandations pour se protéger de l'épidémie de la COVID-19.

Dans ce quartier, où le confinement est synonyme de plus de pauvreté, donc de faim, la contagion semble un mal mineur.

« Les autorités disent aux gens “restez chez vous”, mais ne voient pas plus loin. Nous étions dans le besoin avant, et maintenant, c'est pire », déplore le leader de cette communauté d'Afro-Équatoriens, Washington Angulo. Ce dernier y habite depuis les années 80.

La tension est à son comble à 14 h puisque le couvre-feu de 15 heures décrété par le gouvernement pour freiner la pandémie est annoncé. Un terrible jeu du chat et de la souris s'en suit.

« Les policiers sont intervenus à coups de matraque, poursuivant les gens, cognant, entrant dans les maisons. Mais comment peut-on dire à un pauvre de rester chez lui quand il n'a pas de quoi manger ? », dénonce Carlos Valencia, 35 ans.

L'Équateur compte plus de 7500 cas atteints par le virus, dont au moins 355 en sont morts depuis le 29 février. La province de Guayas, dont Guayaquil est le chef-lieu, concentre 72 % des cas, selon les autorités.

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