Le premier confinement semble avoir pris par surprise la plupart des universités québécoises. Les étudiants ont dû attendre de longues semaines avant que des instructions claires émergent pour la fin de leur session. Ainsi, pouvait-on espérer que tout soit réglé pour cette session automnale. Malheureusement, selon plusieurs étudiants, le défi semble loin d'être relevé.

Pour leur défense, les universités ont tout de même pris des mesures afin de soutenir leurs étudiants pendant cette période de crise. Renforcement du soutien psychologique, bourses exceptionnelles, aide alimentaire, etc. Alors que les universités s'attendent à 3,4 milliards de dollars de revenus en moins, elles ne craignent pas de dépenser plus pour leur personnel et leurs étudiants.

Néanmoins, en quoi ces mesures aident-elles réellement les étudiants à finir leurs sessions ? La détresse psychologique provient, pour beaucoup, de résultats en baisse et d'une difficulté de communication avec leurs professeurs.  Les courriels se sont multipliés entre la faculté et les étudiants, mais ils semblent tous se ressembler, sans apporter de nouvelles solutions.

Alors oui, les universités organisent de plus en plus de webinaires pour informer les étudiants et répondre à leurs questions. Mais après 15 heures sur Zoom, je ne suis pas sûr que les étudiants soient motivés par ces petites sessions.

"En cinq ans de scolarité, je viens d'essuyer mon premier échec", rapporte cette semaine une étudiante au baccalauréat d'enseignement secondaire.

"Je n'ai jamais autant travaillé pour des résultats aussi mauvais. J'ai l'impression d'avoir mes finaux toutes les deux semaines", affirme Léna, étudiante à l'École des sciences de la gestion (ESG).

Finalement, les universités du Québec se sont persuadées que la COVID-19 ne devait changer que la présence à l'université. Peu importe que les cours ne soient plus les mêmes, que les modalités d'enseignement aient été changées, ou que parfois les cours se réduisent à des fichiers PDF. Certains élèves passeront leur session sans jamais voir leurs professeurs.

Les étudiants attendent des réformes de fond et non de forme, des réformes qui changeront profondément l'université post-pandémie.

Mais bon, on nous donne des vacances en plus, c'est déjà ça de gagné, j'imagine...