Trois nouvelles enquêtes ont été lancées mardi pour faire la lumière sur le traitement des cas des deux enfants tués dimanche, à Wendake, par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

Ces décisions arrivent en réponse aux informations dévoilées lundi, selon lesquelles trois signalements à la DPJ du CIUSSS de la Capitale-Nationale avaient été faits par une proche des victimes au cours des dernières années.

Les deux enquêtes de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) viseront ainsi "à déterminer si les droits des deux enfants [...] ont été respectés", afin de mieux comprendre la non-rétention de ces signalements pas la DPJ. Dans le cas d'un rapport négatif, des recommandations seront faites aux instances en cause. La CDPDJ a refusé de commenter son initiative.

La troisième enquête sera, quant à elle, tenue par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) et son ministre délégué, Lionel Carmant. En conférence de presse, le premier ministre du Québec, François Legault, a indiqué que des informations manquaient au gouvernement quant à la manière dont la Direction de la protection de la jeunesse de la Capitale-Nationale a géré les cas des deux jeunes frères. Carmant désignera donc une personne pour "évaluer si tous les processus ont été rigoureusement suivis".

Je ne peux tolérer que de tels événements se répètent, je l'ai dit à de nombreuses reprises. Les informations que j'ai obtenues en lien avec ce dossier me poussent à demander cette enquête.

- Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, par voie de communiqué.

On peut s'attendre au dévoilement du rapport de l'enquête externe du MSSS le 5 décembre prochain.

De son côté, le CIUSSS de la Capitale-Nationale assure sa collaboration dans ce dossier. "Nous agirons en toute transparence et nous leur transmettrons les informations nécessaires afin de permettre de faire la lumière sur cette situation tragique, qui nous bouleverse tous", a expliqué son agente d'information, Mélanie d'Otis.

Une situation difficile à prévoir

Je ne peux tolérer que de tels événements se répètent, je l'ai dit à de nombreuses reprises. Les informations que j'ai obtenues en lien avec ce dossier me poussent à demander cette enquête. - Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, par voie de communiqué.

L'accusé, Michaël Chicoine, 30 ans, était connu comme ayant des problèmes de santé mentale. Il s'est lui-même rendu à la police dimanche, suite au double meurtre commis dans une maison de Wendake, dans la région de Québec. Le décès des deux enfants a été confirmé plus tard dans la journée. En raison d'un interdit de publication, le lien entre Chicoine et les victimes ne peut être divulgué.

La mort des enfants de Wendake s'ajoute à un bilan déjà très lourd pour l'année 2020. Ce sont maintenant dix mineurs qui ont été tués depuis le 1er janvier. Parmi ceux-ci, six ont trouvé la mort aux mains d'un de leurs parents.

Pourtant, aux yeux d'Ann Mathieu, relationniste de la Sûreté du Québec pour les régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches, ce genre de situation est difficile à prévoir et à appréhender. Bien qu'elle ne puisse s'avancer sur la fréquence des communications faites à la police par la Direction de la protection de la jeunesse, elle considère que chaque situation doit être traitée "au cas par cas" et que "chaque dossier a des circonstances différentes".

Une surveillance accrue des habitudes de vie de certaines familles n'est donc pas nécessairement gage de résultats. Cela dit, Mme Mathieu ne peut pas dire ce que les autorités ou la DPJ peuvent faire de mieux pour empêcher ce genre de drame.

En ce qui a trait aux circonstances du double meurtre de Wendake, la Sûreté du Québec ne peut révéler aucune nouvelle information.