Donald Trump a continué de propager ses allégations de fraude mardi via son compte Twitter. Le gazouillis du 45e président des États-Unis remercie le porte-parole de la Chambre des représentants en Pennsylvanie, Bryan Cutler, pour son aide dans ses tentatives de renversement des élections. M. Trump a passé plusieurs appels à M. Cutler cette semaine afin de lui demander de l'aide pour renverser sa défaite dans l'État de la Pennsylvanie. M. Trump aurait aussi contacté plusieurs républicains au Michigan ainsi que le gouverneur de la Géorgie, Brian Kemp. Depuis sa défaite contre le président élu Joe Biden au début du mois de novembre, M. Trump n'a cessé les déclarations de victoire, tentant allègrement de convaincre sa base que l'élection résulte d'une fraude du parti démocrate. Le président sortant essuie toutefois revers judiciaire après revers judiciaire dans ses poursuites dans différents États clés, notamment au Michigan, en Arizona et en Géorgie.

De faux témoignages

On démontre que ce sont des témoignages qui sont inventés« - David Dubé

M. Trump emploie la même tactique l'ayant mené au pouvoir en 2016, c'est-à-dire une répétition des mêmes allégations, jour après jour, jusqu'à ce que sa base y croie. La différence majeure entre l'élection de 2016 et la situation actuelle réside dans le jury : en 2016, le peuple américain, et en 2020, les tribunaux. Si le millionnaire avait remporté son pari il y a quatre ans, il semble improbable qu'il réalise le même exploit une deuxième fois. David Dubé, chercheur à la Chaire Raoul-Dandurand, raconte que les défaites judiciaires de M. Trump sont dues à un manque de crédibilité des témoignages. "Ces témoignages-là souvent sont présentés comme une vérité par les médias plus conservateurs, et finalement ils sont démentis, ou ils ne réussissent pas à présenter une preuve valable en cour parce qu'on démontre que ce sont des témoignages qui sont inventés", explique ce dernier.

Jason Opal, directeur du Département d'histoire et études classiques de l'Université McGill ainsi qu'expert en politique américaine, raconte qu'il n'y a jamais eu de preuve de fraude aux États-Unis au niveau fédéral. "Maintenant, comme dans le passé des États-Unis, il n'y a pas beaucoup de preuves de [fraude]. En Géorgie, la marge de victoire de Biden a été élargie, donc il n'y a pas de preuve solide pour justifier une telle [allégation] de fraude", rappelle M. Opal.

Comportement inquiétant

M. Trump a menacé mardi d'utiliser son veto au budget militaire des États-Unis juste avant un vote à la Chambre des représentants. Le budget en question représente 740,5 milliards de dollars et bénéficie d'un soutien partagé des deux partis. Jason Opal croit que M. Trump, quoique loin d'être un dictateur, se comporte de façon similaire à certains despotes. "Je crois qu'on peut faire une comparaison entre Trump et [Vladimir] Poutine, pour ce qui est d'un certain mépris envers les institutions, explique ce dernier. Les systèmes, les institutions démocratiques restent en place, mais elles sont dépourvues de légitimité." David Dubé partage le même avis que M. Opal en faisant mention d'impunité, de népotisme et de la phrase célèbre "parce que vous seriez en prison" que M. Trump avait prononcée en 2016 lors du débat présidentiel contre Hillary Clinton. "Ce sont des petits comportements et des phrases qui sont problématiques, qu'on pourrait dire qu'il partage avec certaines figures plus autoritaires ou dictatoriales. Je n'irais pas plus loin que ça pour le comparer [...]", raconte David Dubé.

Joe Biden sera élu

Même si M. Trump continue ses protestations, il ne reste que quelques jours avant le vote des grands électeurs. Joe Biden sera donc officiellement le 46e président des États-Unis. "C'est assuré, puisque tous les états clés ont déjà vérifié les résultats des élections. Donc, quel que soit le discours de Trump, l'institution du collège électoral va opérer comme d'habitude. Le 20 janvier, Joe Biden sera entré au pouvoir", conclut Jason Opal.

Rudy Giuliani, l'ancien maire de New York et avocat personnel de Donald Trump, a été testé positif à la COVID-19 cette semaine.       
Rudy Giuliani, l'ancien maire de New York et avocat personnel de Donald Trump, a été testé positif à la COVID-19 cette semaine. (Crédit photo : Getty Images, Anthony Devlin )