Au Québec, la fréquentation des commerces qui offrent des produits alimentaires en vrac est en hausse. Cependant, à l'heure où la pandémie de COVID-19 gagne toujours du terrain, les épiceries zéro déchet s'adaptent du mieux qu'elles le peuvent.

« Il y a un [...] effet d'entraînement avec les mesures sanitaires » - M. Desjardins

« La clientèle de ces endroits-là tend à faire assez attention. Il y a une espèce d'effet d'entraînement avec les mesures sanitaires. Ça m'a rassurée, et donc j'ai toujours continué d'y aller », affirme Marie Desjardins, une cliente régulière de l'épicerie LOCO.

Plexiglas devant les caisses, lavage des pelles entre chaque client, modification des contenants acceptés en magasin: les nouvelles mesures sanitaires s'additionnent. Audréanne Laurin, cofondatrice et directrice générale de LOCO, reste optimiste: « Nous avions déjà de bonnes mesures en place, donc, là où nous avons dû nous ajuster, c'est en ajoutant des normes supplémentaires ». La clientèle de ces commerces, quoiqu'en baisse lors du premier confinement, n'est pas réfractaire aux mesures sanitaires implantées par les propriétaires de leur épicerie de quartier. « Ça va mieux puisque des études démontrent COVID n'est pas transmissible à travers l'alimentation et qu'il faut avoir des contacts prolongés de 15 minutes [afin de contracter le virus]. Les gens comprennent mieux la situation, ils ont moins peur. », explique-t-elle.

Des pertes importantes malgré une clientèle fidèle

Le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) s'assure de l'application de restrictions sanitaires précises par les commerces et les restaurateurs. Les épiceries LOCO, qui respectent les nouvelles réglementations depuis la mi-mars, ont perdu de 15% à 30% de ventes par succursale.

Même constat pour le géant de l'alimentation en vrac Bulk Barn. Lors de la première vague de COVID-19, les employés devaient servir individuellement les clients. Maintenant de retour au libre-service des aliments par la clientèle, on exige une désinfection des mains des clients à leur entrée, en plus du port obligatoire de gants. « Les gens étaient gênés de se faire servir, et restaient moins longtemps en magasin, estime Ann-Katherine Théroux, une employée de Bulk Barn. Les gens s'obstinent encore parce qu'ils doivent mettre des gants en plus du Purell. Et on leur dit que nous aimons mieux ne pas prendre de chance ».