Des soldats érythréens bloquent et pillent de l'aide alimentaire au Tigré, ce qui fait craindre une famine dans cette région du nord de l'Éthiopie en proie à la guerre, selon des documents du gouvernement éthiopien obtenus par l'Agence France-Presse (AFP).

Ces inquiétudes se sont reflétées ce mois-ci dans plusieurs présentations faites par le Centre de coordination d'urgence du gouvernement intérimaire au Tigré. La plus récente, datée du 23 avril, affirme que des soldats érythréens ont chassé des travailleurs humanitaires qui distribuaient de l'aide alimentaire.

Les informations montrent aussi que les soldats érythréens ont commencé à se rendre à des points de distribution pour piller la nourriture après que les bénéficiaires " ont pris peur et se sont enfuis ".

Le ministre érythréen de l'Information, Yemane Gebremeskel, a nié les accusations. " Il est impossible que l'Érythrée bloque de l'aide humanitaire ou la pille ", a-t-il écrit mardi dans un courriel envoyé à l'AFP.

Une situation critique

Un responsable du gouvernement intérimaire a par ailleurs déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, que des travailleurs humanitaires étaient frustrés de ne pouvoir accéder à certaines zones. " Certains membres d'ONG pleuraient face aux refus systématiques [...]. Certains criaient, pleuraient, parce qu'ils n'avaient plus d'espoir ", a-t-il dit.

Cinq zones du sud du Tigré font face à "une situation très critique et nécessitent une aide alimentaire immédiate".

Les combats au Tigré ont aussi perturbé les récoltes dans une région qui était déjà en proie à l'insécurité alimentaire. Le gouvernement d'Abiy Ahmed a soutenu, à la mi-avril, que personne n'était mort de faim pendant la guerre. Pourtant, le secrétaire général adjoint pour les Affaires humanitaires du Conseil de sécurité de l'ONU, Mark Lowcock, a affirmé que 150 personnes étaient en train d'y mourir de faim.