Les premières cargaisons d'équipement médical, promises à l'Inde par la communauté internationale, sont arrivées mardi dans la capitale du pays, fortement touchée par la hausse des contaminations au coronavirus.

La ville a l'odeur de la mort« - Siddarth Jain

Les lits encore libres se font rares dans les hôpitaux de New Delhi, où la deuxième vague de COVID-19 fait rage depuis quelques jours. Le dernier bilan, mardi, faisait état de 320 000 nouveaux cas et de 2 771 décès en 24 heures dans le pays de 1,3 milliard d'habitants. Cela constitue la sixième journée dépassant les 300 000 infections. Le système de santé est à bout de souffle dans la capitale.

L'aide internationale s'est toutefois amorcée avec une première cargaison contenant 100 ventilateurs et 95 concentrateurs d'oxygène en provenance du Royaume-Uni. Le pays aidera son ancienne colonie avec la livraison de neuf conteneurs aériens chargés de concentrateurs et de respirateurs non invasifs et manuels.

Le Canada a annoncé qu'il donnera 10 millions de dollars par l'entremise de la Croix-Rouge. " Cela permettra de soutenir les services ambulatoires et d'acheter de l'équipement de protection au personnel sur place ", a indiqué le premier ministre canadien, Justin Trudeau, en point de presse mardi. Le ministère des Affaires étrangères évalue la possibilité d'envoyer de l'équipement.

La France contribuera avec l'envoi de huit unités de production d'oxygène médical "qui permettent de rendre autonome en oxygène un hôpital indien pendant une dizaine d'années", expliquent les autorités françaises dans un communiqué. L'Union européenne, ainsi que le Quatar et l'Arabie saoudite, apporteront aussi une assistance à l'Inde.

Washington a par ailleurs confirmé la livraison de composants pour la production de vaccins, en plus de doses d'AstraZeneca, d'équipement de protection et de tests de détection.

Le ministre indien de la Santé, Harsh Vardhan, a invité sur Twitter toutes les personnes de plus de 18 ans à aller se faire vacciner dès le 1er mai.

La multiplication des bûchers

Les crématoriums de New Dehli peinent à répondre à la demande. Des bûchers pullulent un peu partout dans la ville, notamment dans des stationnements et des parcs municipaux.

Le nombre de 198 000 morts confirmés jusqu'à maintenant depuis le début de la pandémie pourrait être plus élevé selon les autorités locales et les crématoriums. " Les gens paniquent à l'extérieur. Je ne sors plus de chez moi depuis un mois ", témoigne Siddarth Jain, un homme d'affaires résidant à Faridabad, en banlieue de New Dehli.

Ce dernier, qui est en télétravail, commande son épicerie sur une plateforme locale. Il ne sort de chez lui que pour ce qui est nécessaire. " La ville a l'odeur de la mort ", déplore M. Jain.

Suspension des lignes aériennes

La Belgique a emboîté le pas au Canada, aux Émirats arabes unis, à l'Australie et à d'autres pays en limitant l'accès aux voyageurs en provenance d'Inde. " Le gouvernement fédéral suit de près l'évolution de la situation épidémiologique. D'autres concertations sont prévues au niveau de l'Union européenne, notamment avec les pays voisins, en vue de parvenir à une approche coordonnée ", dit Bruxelles dans un communiqué.

Dès mercredi, l'Espagne imposera de son côté une quarantaine de dix jours aux personnes ayant voyagé via des pays tiers.

Israël a pour sa part annoncé qu'un isolement de deux semaines à l'hôtel sera obligatoire, et ce, même pour les personnes vaccinées ou guéries de la COVID-19.

Le variant indien inquiète les autorités avec des cas déclarés un peu partout, dont au Canada. Néanmoins, peu d'informations épidémiologiques quant à sa virulence sont disponibles pour le moment, mais la Santé publique fait preuve de prudence en raison de la flambée des cas en Inde.

Avec l'Agence France-Presse