Le Tour de France s'est ajouté mardi à la liste des grands rendez-vous sportifs reportés en raison de la pandémie. Plus que jamais, les athlètes de tous les horizons doivent improviser pour continuer à s'entraîner, soucieux de conserver leurs repères quand tout reviendra à la normale.

Le Tour de France, la course cycliste la plus célèbre du monde, a été reporté du 29 août au 20 septembre, selon plusieurs médias français. L'annonce a été reçue comme une douche froide pour bon nombre d'amateurs. Du côté des athlètes, le portrait n'est pas aussi tranché.

" Le report vient au moins clarifier la situation pour les coureurs, qui peuvent déjà planifier une autre préparation et leur pic à ce moment-là. Je suis persuadé que les coureurs préfèrent courir en août et en septembre que pas du tout", commente le cycliste français Jérémie Fontanaud, qui a obtenu la deuxième position lors du championnat québécois sur route.

Celui-ci se montre également confiant quant à son entraînement. Il estime justement que les cyclistes sont chanceux puisqu'ils n'ont pas à trop modifier leur préparation en raison de la crise. "Depuis quelques années, les technologies se sont multipliées pour que l'entraînement intérieur soit de plus en plus attrayant, raconte Justin. Je ne pense pas que nous soyons à plaindre si on se compare aux nageurs, par exemple."

Le malheur des nageurs

La natation est un bon exemple de discipline qui est difficile à exercer pendant la période de confinement. L'accès à une piscine est un incontournable pour consolider son entraînement.

C'est du moins l'avis de la nageuse québécoise de niveau provincial Noémie Lauzon. L'athlète avait prévu de terminer sa carrière cette année pour consacrer plus de temps à ses études. La pandémie a changé ses plans.

"Cette année devait être ma dernière année de compétition en raison de l'université et je voulais finir sur une belle note, mais ça ne sera pas possible", laisse-t-elle tomber.

La jeune femme confie que, pour le moment, tout ce qu'elle peut faire, c'est maintenir sa forme, mais ce n'est pas suffisant pour sa discipline. " Oui, c'est sûr que ça va nuire à mes prochaines performances, même si je fais des petits entraînements, dit-elle. La natation, c'est vraiment fou : dès que tu ne t'entraînes pas pendant 3-4 jours, tu sens la différence dans l'eau et tu perds tous tes appuis."

Pendant le confinement, Noémie se contente de faire des exercices comme de la course et de la musculation pour maintenir sa forme.

La crise actuelle permet néanmoins à la nageuse de faire une pause et de réfléchir longuement sur son ancienne routine. "Je me rends compte en ce moment à quel point ça occupe une grande partie de ma vie et de qui je suis. C'est vraiment étrange comme situation", explique-t-elle.

Pas facile au collégial

La situation est semblable pour les athlètes aux études collégiales. Le golfeur pour le Boomerang du Cégep André-Laurendeau Hugo Boucher et le hockeyeur pour le même cégep Shaun Ferland doivent adapter leurs entraînements pendant le confinement.

Hugo n'a peut-être pas accès aux terrains de golf, mais il peut cependant profiter de la technologie. "Je crois que mon sport est un des plus simples à pratiquer durant le confinement, car il est a l'extérieur et tu peux t'entraîner avec un drap suspendu et un peu de gazon, donc c'est plutôt simple de garder la forme. ", explique-t-il.

De son côté, Shaun doit se contenter de faire des exercices, mais il précise que cela n'affectera pas ses performances à l'avenir. " En me gardant en forme, je ne crois pas que le confinement pourra nuire à mes performances. Quand je vais revenir sur la patinoire, je vais me réhabituer assez vite. Ce qui peut nuire aux joueurs de hockey, c'est arrêter de faire de l'exercice puisque tu peux perdre ton cardio."

Pour certains athlètes, le confinement peut servir de repos, mais pour un joueur de hockey, le mois d'avril est excitant en raison des séries éliminatoires. Déçu par la situation, Shaun comprend tout de même que la santé de la population est beaucoup plus importante, et il préfère que la situation se règle rapidement.

Cette période de confinement est difficile pour les athlètes qui doivent laisser leur passion de côté et trouver un moyen de garder la forme. Cependant, ils comprennent que tout le monde vit des difficultés et que la santé publique est la priorité.

Chaque année, le Tour de France se conclut sur les Champs-Élysées, à Paris.
Chaque année, le Tour de France se conclut sur les Champs-Élysées, à Paris. (Crédit photo : Jeff Pachoud Agence France-Presse)