La question à 1000$! Vous vous dites sûrement qu'il faut dénoncer ses voisins récalcitrants qui font des rassemblements à Noël. Mais d'un point de vue philosophique, c'est plus complexe qu'on pense. Tour d'horizon de cet enjeu avec le philosophe Franz-Emmanuel Schurch.

Premièrement, il y a le courant utilitariste. "Les utilitaristes essaient de prévoir les conséquences d'une action. Quand on est soumis à ce dilemme, si je découvrais que mon voisin organise un rassemblement et ne respecte pas les mesures de confinement, je me demanderais si je devais le dénoncer à la police. Un utilitariste me demanderait de réfléchir aux conséquences de mon action et de me demander si elles vont favoriser le bonheur du plus grand nombre de personnes. Dans ce cas-là, si j'essaie de calculer les conséquences de mes actions en fonction du bonheur du plus grand nombre, je considère que ce serait la fin de la pandémie", explique M. Schurch. Si on suit ce raisonnement, on devrait donc le dénoncer. Si notre voisin fait un rassemblement de 20 personnes et que le virus a tué des milliers de personnes, qui devrait-on sauver? Les gens qui sont atteints de la COVID-19! Son courant de pensée rival est défendu par Kant. "Le kantisme nous dit que la chose la plus digne qu'on puisse penser, c'est un être capable d'autonomie. L'autonomie, c'est la possibilité de se donner à soi-même une loi raisonnable." Mais on n'aurait pas énormément de respect pour la personne qui ne suit pas les règles de confinement, parce qu'on ne considère pas que c'est raisonnable. Cette même personne le fait seulement pour satisfaire son envie d'avoir du plaisir avec ses amis. Autrement dit, on ne doit pas répondre à la violence par la violence. Selon Kant, il faut agir de manière rationnelle, logique. Il faut faire notre devoir. Donc, on doit en discuter avec le voisin rebelle avant d'agir plus radicalement.

Dénoncer en chœur

Selon moi, il ne faut pas hésiter à dénoncer ses voisins. Je connais des personnes qui l'ont eu. Mon grand-père en est même décédé. La COVID-19 existe et elle continue de faire des ravages, quoi qu'en disent les complotistes. Ce n'est pas le temps de faire des "partys" durant le temps des fêtes. Il faut penser au bien commun. Le contact humain vous manque sûrement. Moi aussi! Mais il faut se serrer les coudes. Pensons aux travailleurs du réseau de la santé qui sont épuisés...