AlphaNumérique, qui a pour mission de permettre à tous d'acquérir des compétences sur les technologies, a tenu un webinaire sur la cyberviolence afin de faire comprendre les enjeux derrière ce phénomène – une réalité dont Lyzsabeth McHellin nous partage.

" La cyberviolence c'est du harcèlement qui se fait par internet. Ça consiste à utiliser les médias électroniques pour intimider, harceler, menacer, ou même espionner un individu " explique Camille Chicoine-Gagnon, sexologue à la clinique Accès Sexologie.

Lorsqu'on fait face à une telle situation, la victime peut ignorer et bloquer la personne. Dans la mesure où rien ne change, elle peut avoir recours à la police. La sexologue invite les victimes à conserver un maximum de preuves pour faciliter les démarches juridiques, ou du moins, à se faire un journal de bord s'il n'y a pas de preuves matérielles.

Les violences en ligne peuvent causer des dommages psychologiques, physiques et émotionnels importants et pourtant ils sont très peu dénoncés. Lyzsabeth McHellin nous parle de son expérience et souhaite que les médias eux-mêmes sévissent davantage face aux cyberviolences puisqu'ils sont une partie du problème.

Quelle forme de cyberviolence as-tu déjà vécue?

On a créé un mème sur moi et il a été partagé sur des groupes Facebook. C'est une personne de la lutte au Québec qui a diffusé une photo de moi sans mon consentement. Il a fait un collage avec ma face, il l'a mis entre celle de monsieur et madame patate, pour expliquer que moi je n'étais ni l'un ni l'autre. C'est vraiment un message transphobe qui a été publié et c'est moi qui en a été la cible.

Comment t'es-tu senti après cet évènement ?

Je ne me suis pas bien senti. J'ai beaucoup d'amis qui sont inscrits dans les groupes de luttes, et j'ai une communauté qui me suit, alors tout de suite, c'était l'angoisse, l'humiliation. Je me suis demandé combien de personnes allaient voir la publication.

Maintenant, le monde m'achale avec les patates, ils se trouvent drôles. Ils voient ça comme un mauvais running gag, mais ils ne savent pas à quel point j'ai été blessée.

As-tu entamé des démarches pour dénoncer cette agression ?

Il n'y a pas grand-chose à faire dans cette situation. Tu ne veux pas répliquer, car tu ne veux pas attiser le feu. Plusieurs de mes amis et moi avons signalé la publication pour des discours haineux.

Selon Facebook, les publications transphobes ça passe. C'est correct de prendre la photo de quelqu'un sans son consentement à des fin dénigrantes. Pire, ils t'envoient une réponse automatique, comme quoi ça respectait les normes.

Est-ce que les gens de la communauté LGBTQ+ sont plus sujets à vivre de la cyberviolence?

Oui, évidemment puisque la différence dérange. Ce n'est pas un phénomène nouveau, sauf que maintenant avec les médias sociaux, les gens ne se cachent plus. La gêne disparaît rapidement derrière un écran, mais ils n'auront jamais la force de te le dire en face.