Alors que la propagation de la Covid-19 continue de se stabiliser au Québec, plusieurs provinces canadiennes enregistrent une hausse du nombre de cas et de décès dans les derniers jours. Le Canada recommande d'ailleurs dorénavant le port d'un masque à trois épaisseurs. Tour d'horizon.

Qu'est-ce qui explique le plateau auquel fait présentement face le Québec ?

Le Québec a comptabilisé 871 nouveaux cas dans les 24 dernières heures ainsi qu'une augmentation de 27 hospitalisations et 34 décès supplémentaires. " Quand on regarde le nombre de cas quotidiens, on voit que la situation est stable depuis cinq semaines. [...] Quand on décortique les régions une par une, on voit que dans certaines régions il y a de grosses améliorations, mais à d'autres endroits il y a des détériorations ", remarque le premier ministre du Québec, François Legault, en point de presse mardi.

Il évoque les régions de la Capitale-Nationale, où les cas sont passés de 128 à 69 nouveaux cas quotidiens depuis le début de son entrée en zone rouge le 1er octobre dernier, et de Montréal, où la situation s'est timidement améliorée. D'autres régions font face à une augmentation des cas de Covid-19, dont le Saguenay–Lac-Saint-Jean, particulièrement dans le coin d'Alma et de Jonquière, et Lanaudière-Nord, aux alentours de Joliette.

Cette dynamique se transpose aussi dans les groupes d'âge pour expliquer la hausse d'hospitalisations et de décès, croit le professeur sous octroi adjoint en biostatistique à l'École de santé publique de l'Université de Montréal, Simon de Montigny. « L'impulsion de la deuxième vague a été chez les jeunes » qui, avant de limiter leurs contacts, ont transmis le virus à une partie de la population plus âgée, croit le professeur. " Comme les personnes plus âgées sont plus à risque de décès, le nombre de décès commence à augmenter en même temps ", estime M. de Montigny.

Comment se passe la situation au Canada ?

Mardi, le Canada a enregistré une hausse de 3422 nouvelles infections, excluant l'Alberta qui n'avait à ce moment pas mis à jour ses chiffres depuis vendredi parce qu'il effectue des mises à jour sur son site web. Dans la dernière semaine, près de 1100 personnes ont été hospitalisées en lien avec la Covid-19 et une moyenne de 34 décès quotidiennement.

Ottawa conseille maintenant le port d'un masque à trois épaisseurs, dont un filtre entre les deux lisières. « Le niveau de protection qu'offre un masque varie selon sa construction, son nombre de couches, les matériaux utilisés, et le plus important, l'ajustement du masque », avise l'administratrice en chef de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam.

Cette nouvelle recommandation survient alors que plusieurs provinces font face à une hausse rapide du nombre de cas. Dans les derniers jours, le Manitoba a vu son nombre de cas quotidiens grimpé à 480 alors que la province avait été grandement épargnée jusqu'ici. On recense 102 nouvelles infections mardi, mais un nouveau record au niveau des hospitalisations continue d'inquiéter les autorités sanitaires manitobaines.

La situation prend aussi de l'ampleur en Colombie-Britannique et en Alberta, où des annonces sont prévues cette semaine. Au moment d'écrire ces lignes, la Colombie-Britannique n'avait toujours pas rendue publique ces données quotidiennes. De son côté, l'Alberta comptabilise une moyenne de 500 nouveaux cas quotidiens depuis vendredi et une hausse dans son nombre de décès et d'hospitalisations.

L'Ontario a enregistré mardi son plus au nombre de nouveaux cas, soit 1050, depuis le début de la pandémie. La province a d'ailleurs annoncé l'implantation d'un code de couleurs similaire à celui que le Québec a mis en place depuis septembre. « En tant que province et en tant que pays, nous devons faire face à une nouvelle réalité. Et c'est de plus évidemment que la Covid-19 sera parmi nous pour quelque temps », a affirmé le premier ministre ontarien, Doug Ford qui a annoncé la levée de restrictions dans les régions de Toronto, Peel, York et Ottawa.

Qu'est-ce qui explique la hausse des cas dans plusieurs régions auparavant moins atteintes ?

Selon Simon de Montigny, les secteurs qui avaient été moins affectés par la première vague étaient peut-être moins sur leur garde à la venue de la deuxième vague. « Chaque province fait ses choses d'une certaine manière. S'ils n'ont pas eu une grosse épidémie au printemps, ils n'ont pas nécessairement l'impulsion de mettre le frein très fort alors qu'il ne semble pas y avoir de problème. Ils se font prendre un peu par surprise maintenant », estime le professeur sous octroi adjoint de l'École de santé publique.

M. de Montigny considère que l'Action de grâce aura été un facteur influent pour plusieurs provinces où il n'y a pas d'interdiction de rassemblements dans des provinces telles que l'Alberta et la Colombie-Britannique. « Dans les dernières semaines, il y a eu l'Action de grâce ou les gens se réunissent pour partager un repas. Ce genre de situations peut entraîner des évènements de super-propagation ou il y a une bonne quantité de personnes au même endroit, à l'intérieur, dans un espace qui n'est pas très bien ventilé », croit celui qui est aussi chercheur au Centre hospitalier universitaire Ste-Justine.