Denis Coderre a plaidé mardi pour que la Ville aménage des maisons de chambres afin d'évacuer les personnes en situation d'itinérance du campement d'Hochelaga, qui abrite une dizaine de roulottes et de tentes.

Ça doit être temporaire.« - Denis Coderre

Après un hiver éprouvant, et à la suite du démantèlement du campement Notre-Dame dans Hochelaga-Maisonneuve à l'automne 2020, de nouveaux abris de fortune ont fait leur apparition dans les derniers jours aux abords du boisé Steinberg. On y compte actuellement une dizaine de tentes.

En point de presse mardi, M. Coderre a martelé que cet arrangement " doit être temporaire ". Il a accusé Montréal d'avoir " une attitude attentiste" et de " dire que c'est toujours la faute des autres, qu'on n'a pas assez d'argent ", au lieu de prendre les choses en main.

En entrevue à Radio-Canada, la mairesse Valérie Plante a rétorqué que "tout ce qui touche l'habitation a toujours été une priorité ". Le responsable de l'habitation au comité exécutif de la Ville, Robert Beaudry, a ajouté que " le bilan de l'ancien maire, c'était 800 unités de logement pour les personnes itinérantes ", alors que l'administration de Projet Montréal " est à près de 1100 unités ".

Un été à la belle étoile

M. Coderre propose de reconvertir des bâtiments pour en faire des maisons de chambres permanentes. Alors que les refuges sont évacués chaque matin, les chambres offrent " une stabilité " et un endroit pour garder ses objets personnels en sécurité. Sylvain Morin, un homme en situation d'itinérance, a accepté de s'entretenir avec L'Atelier : " Depuis la pandémie, on est envoyés d'un bord pis de l'autre. C'est rendu qu'on n'a même plus de place pour souper. C'est vraiment pire qu'avant ", raconte-t-il.

Guylain Levasseur, porte-parole des habitants du campement, ne se dit " pas prêt à partir " et aimerait " passer l'été ici ". Il redoute de se faire expulser du terrain sans se faire offrir de solution: " Si je vais dans un autre stationnement, je vais me faire tasser. "

Son voisin Louis était présent au campement Notre-Dame, qui a été évacué de force par la Ville en décembre 2020, après l'incendie d'une tente. " Tu ne veux plus investir ton énergie à te faire chier dessus ", confie-t-il.

De son côté, la professeure de travail social à l'Université de Montréal Céline Bellot précise que " les campements peuvent être une solution d'autonomie hors pandémie, mais ils doivent être des lieux d'interventions. Ça prend aussi d'autres solutions, comme la reconversion d'hôtels ou la création de logements sociaux ".