Un jeune adulte, issu d'une minorité ou communauté marginalisée, au mode de vie sain avec une vie sociale active; voilà le portrait du spectateur des arts de la scène.

On est loin de l'image typique du nerd de spectacle - Pierre-Olivier Saire

"On est très loin de l'image typique du nerd de spectacle", annonce d'emblée Pierre-Olivier Saire, directeur du Groupe de travail sur la fréquentation des arts de la scène (GTFAS).

Contre toute attente, les amateurs de théâtre, de musique et de toute autre forme de performance feraient partie des personnes qui favorisent davantage le temps passé entre amis et en famille, selon l'Étude des publics des arts de la scène au Québec du GTFAS dévoilée mardi.

Les données recueillies montrent effectivement une corrélation entre l'aspect social et le niveau de fréquentation des spectacles par un individu. "C'est un constat très réjouissant", explique M. Saire, car l'optique d'une relance culturelle pourrait permettre de mettre en avant le spectacle comme aspect d'une vie saine et active, au même titre que l'activité sportive.

Perception à revoir

Le public cible des arts et spectacles, ces riches hommes blancs sexagénaires, est dépassé. Ce sont les individus appartenant aux groupes auto-identifiés comme personnes handicapées, appartenant aux Premières Nations du Canada, aux minorités visibles, aux minorités ethniques et à la communauté LGBTQ+ qui consomment plus de spectacles professionnels, selon les données de 2018, année qui fait office de repère prépandémique.

Les immigrants de première génération seraient d'ailleurs plus nombreux à assister à des spectacles que le reste de la population. Jessica Lebbe est arrivée au Québec pour un stage dans une radio communautaire de Québec en 2013. "Quand on arrive, on cherche des activités à faire, et aller voir des spectacles, c'est une belle sortie [...] Au début, j'allais facilement voir deux ou trois spectacles par semaine. Il faut noter que j'avais la facilité des accès médias, mais rien ne m'obligeait à le faire", explique la femme d'origine française.

L'idée des jeunes passifs ou obnubilés par l'univers numérique est également à déconstruire. Les 18-30 ans seraient ceux qui profitent le plus des arts de la scène.

"Une étude comme la nôtre, c'est des informations qui peuvent aider à trouver les outils pour mieux rejoindre les publics", indique finalement M. Saire. Les données recueillies des 6000 répondants pourront certainement contribuer à la relance du milieu culturel, durement touché depuis le début de la pandémie.