Avec la pandémie de la Covid-19, les réseaux sociaux prennent une place plus importante encore dans la vie de milliers de personnes. Mais qu'en est-il des impacts que peuvent avoir ces derniers sur la santé mentale, voire physique, de leurs usagers? Et les envers, eux, on en parle? De la prévention, en faisons-nous vraiment? Là prend tout le sens du livre de l'influenceuse Cassandra Bouchard, L'envers des réseaux sociaux, qui sortira le 5 novembre prochain et qui offre, en plus de ses réflexions personnelles sur le sujet, le témoignage de treize autres créateurs de contenu web.

« Les réseaux sociaux prennent de plus en plus de place dans la vie de tout le monde, spécialement en ce moment », s'est confiée Cassandra Bouchard qui juge qu'il était plus que nécessaire de produire un livre entourant cette thématique.

Cette dernière mentionne avoir été contactée il y a quelques mois par la maison d'édition Pratico Pratiques à la suite de la publication de sa vidéo intitulée « À cœur ouvert », totalisant aujourd'hui plus de 160 000 vues sur YouTube. En effet, cette vidéo de 25 minutes nous présente bon nombre des influenceurs les plus prisés auprès des jeunes qui se confient tour à tour sur ce qui les rend vulnérables, allant de l'anxiété aux complexes physiques, en passant par les traits de caractère qui les gênent le plus. « Au départ, la maison d'édition voulait adapter cette vidéo en livre, pis à la première rencontre, on était full emballés et on parlait full des réseaux sociaux, du positif que ça peut amener, mais aussi du négatif », raconte Mme Bouchard, une fébrilité palpable dans la voix.

Croyant fondamentalement que les réseaux sociaux tentent le plus souvent de vendre du rêve, Cassandra Bouchard avoue elle-même avoir ce qu'elle qualifie d'un amour-haine envers ces derniers. « Je n'adhère vraiment pas au concept de vie parfaite sur les réseaux sociaux », admet-elle avant d'ajouter que nous y voyons, la plupart du temps, les gens à leur meilleur. Selon elle, on met les artistes sur un piédestal. « Pourtant, on est tous des humains comme tout le monde, avec un passé, des moments plus difficiles dans notre vie et des complexes », souligne celle qui désire par la bande rendre les YouTubeurs « aussi accessibles que n'importe quel autre humain ».

Avec une écriture jeune et dynamique, tantôt parsemée de fucking et de tsé, le livre de 300 pages et de 25 chapitres invite le lecteur à s'introspecter quant à sa propre relation avec les réseaux sociaux. Il était en effet d'une importance capitale pour la nouvelle autrice que ces derniers se sentent interpellés tout au long de leur lecture, notamment, par le biais d'exercices de réflexion qu'elle donne à la fin de six chapitres. « La personne qui va acheter mon livre va en apprendre beaucoup sur le métier d'influenceur, mais va aussi en arriver à se poser des questions qu'elle ne se serait peut-être jamais posées au sujet des réseaux sociaux », affirme Cassandra Bouchard. Les parents du public ciblé par la créatrice de contenu ne seront pas non plus laissés pour compte au cours de cette lecture. Ceux qui n'ont pas grandi avec les réseaux sociaux et qui peinent à s'y retrouver dénicheront également, au fil de ses mots, des outils pour encadrer l'utilisation qu'en font leurs enfants.

« Il y aurait tellement eu d'autres aspects que j'aurais aimé aborder entourant le même thème. » ▬ Cassandra Bouchard qui ne ferme pas la porte à une deuxième édition si la demande et la réceptivité sont au rendez-vous.

« Je trouve que les réseaux sociaux, c'est un couteau à double tranchant : si on ne sait pas nécessairement comment bien les utiliser dans notre vie, ça peut devenir vraiment toxique », a-t-elle mentionné, ajoutant à ce propos que l'ultime chapitre de son bouquin traite de la cyberintimidation et regroupe plus d'une dizaine de témoignages d'abonnés. Sept ressources d'aide provenant des villes de Montréal et Québec sont aussi mises à la disposition des jeunes lecteurs à la toute fin de son ouvrage.

Dans le cadre de ses fonctions comme Technicien en travail social, Mathieu Campagna est à même de constater leurs effets parfois néfastes sur les jeunes auprès desquels il intervient et croit, en ce sens, qu'un livre comme celui de Cassandra Bouchard peut servir d'outil de prévention. « Ce n'est pas tous les jeunes qui auront l'esprit critique assez développé pour faire la part des choses entre ce qu'ils voient sur les réseaux sociaux et la vraie vie des auteurs des publications », constate-t-il, préoccupé. « Parfois même, un certain nombre d'entre eux pourront aller jusqu'à développer leur estime d'eux-mêmes à travers leurs applications, par le nombre de likes, par exemple », renchérit-il, comparant les médias socionumériques à une extension de la vie des gens en général.

M. Campagna fait valoir que la clientèle sujette à être surexposée aux réseaux sociaux consiste en des adolescents et des jeunes adultes souvent dans une phase de formation de leur identité. Ainsi, une utilisation maladroite ou mal dosée des applications telles Facebook, Instagram et YouTube, pour ne nommer que celles-ci, pourrait mener au développement d'une surestime ou d'une dévalorisation personnelle chez les utilisateurs.

« Il y aurait tellement eu d'autres aspects que j'aurais aimé aborder entourant le même thème. » conclut pour sa part Cassandra Bouchard qui ne ferme pas la porte à une deuxième édition si la demande et la réceptivité sont au rendez-vous.

En raison de la pandémie, le lancement en présentiel est reporté à une date qui est indéterminée au moment d'écrire ces lignes.