Isabelle Pomerleau, une infirmière de 51 ans, mène actuellement deux combats: celui contre le cancer colorectal et l'autre, pour le droit d'être accompagnée à l'hôpital durant ses traitements.

"Je veux être accompagnée de mon mari lors de mes traitements, mes examens, mes chirurgies. C'est un soutien moral, affectif. J'ai besoin de lui pour traverser ça", a-t-elle déclaré à l'Assemblée nationale, mardi, dans l'espoir de faire renverser une directive ministérielle interdisant la présence des proches en cancérologie.

Cette directive fait partie des mesures sanitaires imposées en temps de pandémie. Le ministère de la Santé la justifie en rappelant le besoin de protéger les personnes dont le système immunitaire est affaibli.

La présence d'un proche est toutefois autorisée lorsque le patient a des troubles cognitifs, par exemple, et "lors de visites où seraient discutés des résultats ou [...] la suite du parcours clinique du patient".

Mme Pomerleau dit s'être rendu compte, après avoir lancé un message sur Facebook, que plusieurs personnes vivaient une situation semblable.

Les députés Marie Montpetit (PLQ), Andrés Fontecilla (QS) et Harold LeBel (PQ) ont directement interpellé le ministre de la Santé, Christian Dubé, afin qu'il fasse preuve de plus de compassion et retire la directive.

En fin de journée mardi, le bureau du ministre Dubé a indiqué qu'une rencontre était prévue vendredi avec Patrick Jasmin, un ami de Mme Pomerleau. "Nous sommes très sensibles à la détresse que peuvent vivre les patients, notamment les personnes atteintes de cancer, a écrit le cabinet. Par contre, on ne doit jamais faire de compromis pour assurer la santé et la sécurité des usagers, et c'est pourquoi la directive des accompagnateurs lors des traitements [...] a été mise en place."