Le 27 mars 2020 restera une date spéciale pour le réalisateur québécois Patrice Laliberté. Son tout premier long métrage, Jusqu'au déclin, est à ce jour le seul film d'origine québécoise à avoir été financé et distribué par la plateforme de diffusion en continu Netflix. Il s'agit d'un grand pas pour l'industrie culturelle québécoise, étant donné la visibilité internationale qu'accorde cette plateforme populaire.

Ce thriller nordique suit six individus survivalistes qui se rendent à la base autonome d'Alain (Réal Bossé), un spécialiste en la matière. Leur but est d'y apprendre les rudiments de la survie afin de se préparer à une crise éventuelle qui finit par se produire. Le réalisateur fait preuve de beaucoup de maîtrise à travers sa mise en scène et son écriture, créant ainsi une ambiance prenante, bouleversant le spectateur quand tout dérape, jusqu'à un affrontement final intense et captivant. Ce qui impressionne le plus, ce sont les choix scénaristiques radicaux, voire osés, faits par le cinéaste. Le scénario prend en effet des tournures inattendues qui ne laisseront pas les spectateurs cois.

Le film comporte néanmoins quelques défauts. Ce qui blesse davantage le long métrage est la mauvaise gestion de son rythme. Le spectateur doit attendre la moitié du film pour que l'élément perturbateur survienne. Si la première partie nous permet de nous attacher aux personnages, elle est de trop longue durée, ce qui fait en sorte que la suite, plus palpitante, nous semble trop courte. Jusqu'au déclin est un thriller certes imparfait, mais d'une intensité et d'une inventivité efficaces, surtout pour un premier long métrage. Cependant, l'atmosphère anxiogène ne vous permettra pas de vous soulager de cette période d'isolement.

(Crédit photo : Netflix)