Barack Obama se joindra au candidat démocrate Joe Biden afin de l'aider dans sa campagne électorale. Obama devrait participer à un événement pour son ancien vice-président mercredi dans l'État de la Pennsylvanie, selon un communiqué de la campagne Biden. Trump, quant à lui, poursuit sa campagne dans plusieurs États républicains.

Il s'agira de la première fois qu'Obama participera à la campagne de Joe Biden en personne, lui qui avait tourné une vidéo promotionnelle avec ce dernier il y a de cela quelques mois. Biden cherche à augmenter son avance dans plusieurs états charnières, notamment la Floride, l'Iowa, le Michigan, la Caroline du Nord, l'Ohio, la Pennsylvanie, la Virginie et le Wisconsin. Ces États ont régulièrement connu des résultats serrés au cours des dernières campagnes présidentielles.

Trump s'accroche aux États rouges

À deux semaines des élections, Donald J. Trump visite des États remportés en 2016 afin de confirmer sa victoire dans ceux-ci, plutôt que de visiter des États qui penchent plus vers les démocrates. Il revient cette semaine d'une visite en Géorgie, qu'il avait remporté par plus de cinq points en 2016.

Charles-Antoine Millette, chercheur associé à la Chaire Raoul-Dandurand, expert dans le système électoral des États-Unis, n'est pas convaincu de la stratégie de Trump.

« On peut voir ça comme signe qu'il y a un recul au niveau de son électorat, il est peut-être en train de perdre des points. Ça peut être inquiétant pour la campagne Trump justement du fait que plutôt d'aller dans d'autres états, comme des états pivots, on revisite des états qui ont déjà été remportés. Donc oui on pourrait voir ça comme un signe d'essoufflement de la campagne Trump », explique-t-il.

Le président des États-Unis poursuivra sa campagne électorale en Pennsylvanie et en Caroline du Nord lors des prochains jours. Lors des 20 dernières années, la Pennsylvanie a plus souvent été démocrate que républicaine, à l'exception de 2016, lorsque Trump a récolté 48,6% des votes contre 47,9% pour Hillary Clinton. Le milliardaire américain prendra ensuite la direction de la Caroline du Nord, État qu'il avait remporté par plus de trois points en 2016.

Le collège électoral: un système anti démocratique?

La présidentielle américaine est une élection au scrutin indirect ; les électeurs désignent des représentants qui sont chargés d'élire le président et le vice-président. Afin de remporter la présidence, un candidat doit récolter plus de la moitié des 538 électeurs, donc au moins 270. Les États les plus populeux, comme la Californie, ont plus de représentants, soit 55 grands électeurs.

Le système est beaucoup critiqué, notamment en raison du fait que les deux derniers présidents républicains ont tous deux perdu le vote populaire. Bush avait remporté contre Al Gore en 2000 avec un demi-million de votes en moins. Idem pour Trump en 2016, qui avait remporté la présidence avec près de 3 millions de votes en moins.

Ceci est dû au fait que les représentants de chaque état ne représentent pas une portion de la population qui est proportionnelle. Par exemple, chaque représentant en Californie, historiquement démocrate, représente 718 000 citoyens, alors que pour le Nevada, ce nombre descend à 513 000.

Pour M. Millette, il s'agit là d'un grand défaut de la démocratie américaine : « On critique beaucoup la représentativité du collège électoral, surtout que ça enlève une certaine légitimité au vote, lorsqu'il y a un candidat qui remporte le collège électoral qui ne remporte pas nécessairement aussi la majorité au vote populaire. »

Trump visite donc des États avec un plus grand pouvoir électoral, comme la Pennsylvanie (1 pour 640 000) et la Géorgie (1 pour 663 000).

Guy Lachapelle, chercheur à la Chaire Raoul-Dandurand en politique américaine, semble foncièrement en accord avec ce système, quoiqu'il se garde certaines réserves quant aux défauts de celui-ci.

« Ce que j'aime toutefois du système américain, c'est que c'est une proportionnelle, qui considère le poids démographique de chacun des États, et donc on ajuste le nombre de grands électeurs en fonction de la population. C'est sûr que le nombre n'est pas parfait. Il n'y a pas de système parfait. Il faut que même les petits États gardent un certain pouvoir », explique-t-il.

Plusieurs États rouges ont aussi les plus bas taux de représentants pour leur population, notamment le North Dakota (1/211 000), le South Dakota (1/256 000) et le Montana (1/309 000), ce qui explique en partie ces victoires républicaines au fil des années, malgré des défaites en 2000 et 2016 par le vote populaire.

Encadré

Sondages réalisés au cours du dernier mois dans les états charnières auprès d'électeurs inscrits, selon le site web Project FiveThirtyEight.

Colorado: Biden +20

Floride: Biden +2

Iowa: Biden +3

Michigan: Biden +9

Minnesota: Biden +11

Nevada: Biden +8

New Hampshire: Biden +16

Caroline du Nord: Biden +2

Ohio: Trump +2

Pennsylvanie: Biden +8

Virginie: Biden +13

Wisconsin: Biden +11

Carte de sondage catégorisant les états en rouge ou en bleu en fonction de qui est en tête dans la moyenne de sondage, le bleu pour les démocrates et le rouge pour les républicains.
Carte de sondage catégorisant les états en rouge ou en bleu en fonction de qui est en tête dans la moyenne de sondage, le bleu pour les démocrates et le rouge pour les républicains. (Crédit photo : Antonin Martinovitch)