L'entreprise américaine Apple a annoncé mardi la sortie de ses premiers ordinateurs Mac dotés d'une puce M1, contenant des processeurs Apple Silicon, censés augmenter la performance, tout en réduisant la consommation d'énergie.

Une nouvelle génération de MacBook Air, MacBook Pro et Mac mini fera ainsi son apparition sur les tablettes la semaine prochaine. Les ordinateurs portables MacBook seront détaillés au même prix que leur version précédente, soit à partir de 999$ et 1299$ respectivement. Le prix de départ du Mac mini sera, quant à lui, de 699$, une dépréciation de 100$ par rapport à la génération précédente.

Qu'est-ce que la puce M1 apporte de nouveau aux ordinateurs Mac?

Comme l'a expliqué le vice-président senior des technologies matérielles chez Apple, Johny Srouji, la puce M1 est un "système dans une puce". Très similaire à la composante à la base des plus récents iPad et iPhone, elle assure le traitement des instructions informatiques, le calcul des unités graphiques et le chiffrement des données.

La puce M1 est équipée de processeurs Apple de type ARM, une architecture plus simple que celle des unités d'Intel, qu'exploitaient les ordinateurs Mac depuis 15 ans, la multinationale de Cupertino, en Californie, a signalé qu'elle offrait la meilleure performance par watt de toute l'industrie. À en croire les dires de Johny Srouji, la puce M1 serait "deux fois plus rapide" que celle d'un ordinateur traditionnel, "en utilisant le quart de l'énergie".

En outre, les ordinateurs Mac munis d'une puce M1 et du nouveau système d'exploitation macOS BigSur, qui sera lancé jeudi, pourront faire fonctionner des applications iPhone et iPad.

Pourquoi avoir délaissé les processeurs Intel, qui ont fait leurs preuves?

« L'intégration totale est un absolu pour Apple. »

Selon Karim Benessaieh, journaliste de La Presse couvrant l'actualité technologique, il y a deux grandes raisons.

Avant tout, Apple économisera beaucoup d'argent : "Ils vont pouvoir faire eux-mêmes, à coût moindre, ce qu'Intel leur vendait. " Dans une industrie de plus en plus compétitive, les dollars épargnés pourront servir à améliorer les produits, sans avoir à augmenter leur prix.

M. Benessaieh croit également que "l'intégration totale est un absolu pour Apple". En façonnant soi-même les composantes de ses appareils, l'entreprise pourra garder un meilleur contrôle sur ceux-ci. Non seulement Apple pourra s'assurer de la qualité des matériels, mais ne sera pas pris en mauvaise posture si quelque chose tourne mal du côté de son fournisseur. "On l'a vu avec Huawei : il est inquiétant d'avoir à dépendre sur d'autres entreprises. On ne sait pas ce qu'il peut arriver", explique Karim Benessaieh.

Y a-t-il des risques à cette décision?

Alors que plusieurs experts ne sont pas convaincus de l'efficacité des processeurs utilisant l'architecture ARM, celle-ci ayant été inventée pour les téléphones intelligents et les tablettes, le journaliste spécialisé en technologie Maxime Johnson ne doute pas que ceux-ci feront le travail. "Les processeurs mobiles sont beaucoup plus puissants qu'auparavant", affirme-t-il.

Selon lui, le risque se retrouve dans la compatibilité des applications développées pour les processeurs Intel. Pour palier à cette problématique, Apple a également lancé le traducteur de code Rosetta 2, qui devrait simplifier la transition.