Allied Universal (AU), une entreprise américaine détenue en partie par la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) a coupé l'herbe sous le pied de GardaWord en concluant une entente pour acquérir le géant de la sécurité G4S, également convoité par la multinationale québécoise.

Une offre amicale acceptée peut difficilement être rejetée - Louis Hébert

L'annonce survient alors que GardaWorld avait décidé, la semaine dernière, de bonifier son offre de 24 %, à 4,1 $ CAN par action. La valeur de cette offre, présentée comme finale, était estimée à près de 6,3 milliards de dollars. "Bien que le conseil d'administration reconnaisse l'augmentation du prix proposé par GardaWorld, il a décidé de rejeter [l'offre] puisqu'il estime qu'elle continue de sous-évaluer G4S", a fait valoir l'entreprise dans une déclaration distincte. Mardi après-midi, GardaWorld n'a pas commenté l'accord convenu entre G4S et AU, ni indiqué si elle comptait revenir à la charge avec une proposition supérieure.

Une question d'argent

AU a accepté de payer 4,18 $ CAN pour chacune des actions de la société établie à Londres dans le cadre d'une offre évaluée à environ 6,7 milliards. Estimant que la proposition est "juste et raisonnable", les administrateurs de la compagnie britannique ont l'intention de recommander aux actionnaires de l'accepter.

"La combinaison de G4S et d'AU se traduira par la création d'un leader mondial de la sécurité", a fait valoir par un communiqué le chef de la direction de G4S, Ashley Almanza. Au cours des derniers mois, le conseil d'administration de l'entreprise londonienne avait repoussé à plusieurs reprises les approches tentées par la société québécoise, ce qui avait incité celle-ci à courtiser directement les actionnaires par l'entremise d'une offre hostile. "Une offre amicale acceptée peut difficilement être rejetée à moins qu'il y ait un vote des actionnaires très clair contre la transaction", a expliqué le professeur de stratégie à HEC Montréal, Louis Hébert, lorsque interrogé sur les chances de GardaWorld de coiffer AU.

Des différends financiers

La CDPQ ne fait toutefois pas partie de l'équation. La clôture de cette transaction est prévue au cours du premier trimestre de la prochaine année. Les échanges s'étaient envenimés au cours des dernières semaines entre le fondateur et président et chef de la direction de GardaWorld, Stéphan Crétier.

L'homme d'affaires québécois estimait que la Caisse lui mettait des bâtons dans les roues en étant aux côtés d'une compagnie qui tente de lui damer le pion. La CDPQ a réfuté les critiques du patron de GardaWorld, en affirmant qu'elle était prête à l'épauler financièrement et que c'est M. Crétier qui a préféré se tourner, à la dernière minute, vers un financement proposé par un syndicat bancaire ainsi qu'une proposition de la société d'investissement américaine HPS Investment Partners.