Alors que le monde sportif professionnel est sur pause, le sport comme loisir bat son plein. Plusieurs profitent de la période d'isolement pour se mettre ou se remettre à la course à pied.

«Le premier jour où on a dû rester à la maison, je tournais un peu en rond chez moi, donc je me suis essayée [à la course à pied] et je n'ai pas arrêté depuis», lance l'étudiante confinée Clémence Tessier.

En plus de chasser l'ennui, plusieurs se servent de la course pour garder la forme et, contrairement à d'autres disciplines, «c'est assez simple, niveau infrastructure», ajoute l'enseignant au secondaire Pierre-France Côté. L'idée de sortir de son domicile fait aussi le charme de la discipline en cette période de confinement, toujours selon l'enseignant.

Bien que la course soit facile d'accès au niveau de l'équipement et du financement, l'idée de se prévaloir d'une paire de chaussures exclusivement pour la course est élémentaire selon les entraîneurs Blaise Dubois, de La Clinique du coureur, et Mary-Lou Butterfield.

Les deux entraîneurs expliquent aussi l'importance de ne pas commencer la course de façon abrupte. «Ce n'est pas parce qu’on est capable de courir une certaine distance que c'est bon de le faire, explique Mme Butterfield, l'alternance marche et course est une bonne idée pour les débutants.» La même chose s'applique au nombre de séances par semaine, car c'est important d'y aller de façon progressive selon M. Dubois.

Le bâton et la carotte

«Je trouve ça le fun se donner des objectifs personnels, comme une certaine distance ou de participer à une certaine compétition», explique la coureuse Roxanne Lachapelle. Avoir des objectifs, que cela soit pour perdre du poids ou pour atteindre une distance, n'est pas la seule bonne idée, mais les buts sont nécessaires, selon l'entraîneur Blaise Dubois.Par contre, certains coureurs visent un objectif plus ou moins quantifiable.

Pour Clémence, «sans me mettre trop de pression c'est le fun de voir que je peux courir plus longtemps de fois en fois et de me dire que, moi aussi, je suis capable d'en faire et de m'améliorer», dit-elle. «Honnêtement quand j'ai commencé à courir je n'étais pas trop sûr, mais maintenant j'aime ça!», ajoute le collégien Théo Lambert.

Ce bien-être peut être causé par l'endorphine, une hormone sécrétée par le corps lors de l'activité physique ou tout simplement par un sentiment d'accomplissement.

Avoir rendez-vous avec
soi-même

La meilleure façon de continuer la course à pied après le confinement est «de le noter à son agenda, comme un rendez-vous», mentionne Mme Butterfield.

«C'est vraiment le premier mois de course à pied qui est le plus difficile au niveau psychologique, mais si on est constant pendant cette période, la probabilité qu'on poursuive est plus grande», ajoute l'entraîneur Blaise Dubois.

Un coureur dans un quartier résidentiel devant une banderole «ça va bien aller!»
Un coureur dans un quartier résidentiel devant une banderole «ça va bien aller!» (Crédit photo : Justin Vézina)