Prenez quelques instants, imaginez-vous à 17 ans, enfermé dans une chambre d'hôtel pendant une semaine. C'est la réalité que vivent les joueurs des dix pays qui participent au Championnat du monde de hockey junior. Ils sont en quarantaine cinq jours avant le début des entraînements.

Même s'il s'agit d'un évènement d'une importance capitale, tant pour les joueurs que les partisans, il aurait peut-être été judicieux de reporter la compétition ou de l'annuler, compte tenu de ce qu'implique le maintien des bulles. L'âge moyen des joueurs est de 17 à 18 ans. À cet âge, ce sont encore des adolescents en développement, et devoir vivre une expérience de confinement total n'est peut-être pas la meilleure des idées.

Ce n'est pas comme les tournois de niveau Bantam qui durent une fin de semaine. On parle de deux semaines de compétition, où les joueurs feront l'aller-retour entre l'aréna et l'hôtel, rien de plus. À quelques exceptions près, aucun joueur participant au championnat n'a vécu une situation similaire et ne vivra peut-être jamais une telle expérience au cours de sa carrière.

Confinement pour Équipe Canada

J'ai surtout une petite pensée pour les joueurs d'Équipe Canada qui, ayant connu une éclosion pendant leur camp d'entraînement, ont déjà passé deux semaines en isolement, avant d'avoir une pause d'une semaine pour ensuite y retourner. Ce sont trois semaines sur quatre dans une chambre d'hôtel, de quoi rendre plusieurs d'entre nous complètement fous. Pensons également à Brad Lambert, de la Finlande, qui vit cette expérience à seulement 16 ans. Même si les joueurs pourront se retrouver en équipe dans des espaces communs lorsque les cinq jours de confinement seront terminés, ils ne pourront pas célébrer Noël et le jour de l'An avec leurs parents. Ils n'auront pas la chance d'aller se promener et ne vivront pas l'ambiance régulière du tournoi puisqu'aucun partisan ne sera admis lors des matchs. De quoi amplifier cet effet de solitude qu'ils ressentiront.

Il serait égoïste de la part des partisans d'être heureux de pouvoir regarder ce classique du temps des fêtes, sans penser aux adolescents qui devront subir la ville-bulle qui, rappelons-le, a été sévèrement critiquée par les professionnels de la Ligue nationale de hockey qui l'avaient vécue lors des séries éliminatoires en août dernier.